Enfant, j’étais une douce et naïve rêveuse. J’oubliais le temps, fascinée par la magie des papillons dans les champs. La beauté de la nature m’enchantait. Elle me faisait souvent oublier l’école et le catéchisme. Je suis née dans les bois, dans un lieu sauvage de la campagne haut-saônoise. J’ai eu cette chance d’avoir une enfance en pleine nature, dans une grande liberté la plupart du temps. La vie s’écoulait tranquille au rythme des saisons. Mes racines étaient ancrées dans la terre. La nature m’offrait ses jeux, ses richesses. Je passais beaucoup de temps couchée dans l’herbe à regarder les petits insectes, à goûter les brins d’herbe. Insouciance et curiosité sont les mots clés de mon enfance.

Adulte, je me lançai dans la course effrénée du travail et de la consommation. Sans m’y sentir jamais à ma place et à l’aise, je fis ce que j’étais censée faire pour être conforme à la norme. Cela ne se fit pas sans heurts et douleurs. Je ne me sentais pas adaptée à ce monde. Je rêvais d’un autre monde. J’avais formé en moi la croyance que pour y arriver, il fallait que je fasse beaucoup d’efforts, que tout se méritait. J’ai eu cette identité de travailleuse de longues années. Les années passant, je m’oubliai et entrai de plus en plus dans une grande tristesse avec cette impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel.  Je ressentais de plus en plus un vide en moi, un non-sens. Je perdais goût à la vie tout simplement.

Un matin de 2007, je criai STOP, cela suffit, je veux vivre autre chose.

J’avais besoin de retrouver du souffle, retrouver la nature et me retrouver. L’urgence était là. J’en avais assez de me renier pour être comme les autres, pour que les autres m’aiment et me comprennent. De toute façon, ils ne me comprenaient pas. Et m’aimaient-ils ? Mon corps que je n’avais pas écouté pendant ces années s’est manifesté fortement. Je fus obligée de m’arrêter, clouée sur mon lit. Mon bassin me semblant en verre et prêt à se rompre au moindre mouvement. Ces semaines pendant lesquelles je me demandais si je pourrais à nouveau marcher m’ont permis de reprendre contact avec ce corps et d’écouter ce qu’il avait à me dire.

Quelques mois plus tard, je quittais mon travail et mon conjoint. J’allais devoir aller chercher au fond de moi des ressources pour me maintenir la tête hors de l’eau. J’avais peur mais j’étais prête. C’est ce que je voulais au plus profond de mon être. La Vie, généreuse à souhait, me ramenait vers mon être.

Ce retour intérieur m’a conduite à me former au coaching. J’ai redécouvert mes émotions et mon intuition. A partir de là, je me suis laissée guider de plus en plus par mon intuition. Je réalisais que ce que je sentais au fond de moi était juste. Je faisais face à mes peurs et mes croyances erronées au lieu de les fuir. Pas à pas, je reprenais ma vie en main.

J’allais à ma rencontre, j’apprenais à m’écouter, me rassurer, me consoler, me plaire et m’aimer, pourquoi pas ? La honte et la peur d’être imparfaite aux yeux des autres se dissolvait dans le creux de mon cœur. Ma force intérieure se libérait et je me sentais m’ancrer de plus en plus dans la matière.

J’avance aujourd’hui sur mon chemin plus légère et réalise mes désirs profonds : peindre, voyager et aimer.

Merci Terre-Mère de m’avoir permis cet enracinement merveilleux en ton sein.

Les pieds dans la Terre, le Soleil dans le cœur et la tête dans le Ciel.

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